Travail
Le travail de Marie-Claire Meier
Je crée mon propre papier. Pour cela, je transforme des chiffons de lin ou de coton comme cela se faisait au Moyen-âge (pile hollandaise dans l'atelier), ou je transforme des végétaux, des écorces par un procédé chimique pour garantir une matière stable comme cela se fait encore au Japon.
En transformant de la paille par exemple, je retrouve le langage des fibres qui m'apparaît être le langage universel, l'outil idéal pour poser les questions qui m'interpellent.
En donnant une seconde vie aux draps de coton, c'est la mémoire de la matière qui me fascine, son empreinte, sa trace, toutes sortes de communications non-verbales qui me permettent, à travers elles, de m'exprimer.
En un moment où Internet permet la communication internationale, les artistes me paraissent être les sentinelles de la communication tactile, non-verbale, intuitive ... Le papier en est le réceptacle privilégié ; tout mon travail s'articule autour de ce thème : courriers, signes, mémoires, dialogues, messages, prières, méditations ou au contraire tabous, secrets, ...
De plus, fabriquer ma propre pâte à papier me permet d'intervenir à la base en y ajoutant divers pigments, sables, poudres de mabre, cendres, terres, fragments de textes, en y gaufrant des structures ...
A partir de là, il est possible de combiner toutes sortes de techniques (acryl, huile, encres) ou de travailler dans l'espace (sculptures).
Je consacre beaucoup de temps aux recherches et à l'expérimentation ; transformer la matière est une manière de se transformer soi-même car en cherchant les limites de la matière, ce sont ses propres limites que l'on recherche.
Marie-Claire Meier